{"id":25,"date":"2012-07-24T21:43:05","date_gmt":"2012-07-24T20:43:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.karate-shukokai.fr\/site\/?page_id=25"},"modified":"2019-06-11T20:01:00","modified_gmt":"2019-06-11T18:01:00","slug":"naoki-omi","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.karate-shukokai.fr\/site\/?page_id=25","title":{"rendered":"Ma\u00eetre Naoki OMI"},"content":{"rendered":"<h4><span style=\"font-size: 2em;\">\u00ab\u00a0Je suis un homme heureux\u00a0\u00bb<\/span><\/h4>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme le chat de la fable Zen, Omi Naoki est lisse. \u00ab Ordinaire \u00bb comme il aime dire de lui. Mais derri\u00e8re cette modestie non feinte d\u2019attitude et de mots, derri\u00e8re cette absence d\u2019asp\u00e9rit\u00e9 et d\u2019image de soi projet\u00e9e vers les autres, il y a une lame au fourreau. D\u2019autant plus aiguis\u00e9e que Naoki Omi s\u2019est toujours concentr\u00e9 sur l\u2019essentiel. \u00c0 la rencontre d\u2019un homme tranquille.<\/p>\n<h6>RECUEILLI PAR EMMANUEL CHARLOT \/ PHOTOS : DENIS BOULANGER<\/h6>\n<p><a href=\"http:\/\/www.officielkaratemagazine.fr\/webzine\/wp-content\/uploads\/2012\/07\/visuel-42.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"visuel 42\" src=\"http:\/\/www.officielkaratemagazine.fr\/webzine\/wp-content\/uploads\/2012\/07\/visuel-42.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"595\" \/><\/a><\/p>\n<p>UN GAR\u00c7ON ORDINAIRE<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019habitais \u00e0 la campagne et il n\u2019y avait aucun club aux alentours. J\u2019\u00e9tais un gar\u00e7on tr\u00e8s ordinaire, avec des parents qui ne souhaitaient qu\u2019une seule chose pour moi : que je sois heureux. Petit, j\u2019ai fait un peu de sumo et du judo au lyc\u00e9e, mais j\u2019ai surtout travaill\u00e9 pour passer le concours, afin d\u2019aller \u00e0 l\u2019universit\u00e9. Quand je suis parvenu \u00e0 y entrer, j\u2019ai voulu aller au bout d\u2019une id\u00e9e que j\u2019avais en t\u00eate. Faire une pratique de combat piedpoing. J\u2019\u00e9tais attir\u00e9 par l\u2019esprit des arts martiaux. Il y avait la possibilit\u00e9 de faire du shorinji-kempo, du karat\u00e9 et du nippon-kempo, une discipline avec protections et frappes r\u00e9elles. Je ne sais pas si cela existe encore ! Le karat\u00e9 \u00e9tait la discipline la plus populaire et j\u2019ai choisi de m\u2019y inscrire, un peu par hasard. Le club de l\u2019universit\u00e9 venait de rouvrir. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, nous y faisions du goju-ryu.<\/p>\n<p>AU D\u00c9BUT, ILS ONT \u00c9T\u00c9 GENTILS AVEC NOUS\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le club de l\u2019Universit\u00e9 venait de repartir apr\u00e8s quelques ann\u00e9es de fermeture. Des anciens avaient fait des b\u00eatises, ils s\u2019\u00e9taient montr\u00e9s trop durs. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, et peut-\u00eatre encore aujourd\u2019hui, quand l\u2019un des pratiquants faisait un \u00e9cart, cela se r\u00e9glait en interne, portes ferm\u00e9es, et la punition pouvait \u00eatre terrible, cela pouvait aller tr\u00e8s loin. Nous \u00e9tions donc les premiers de ce nouveau d\u00e9part. Nous sommes partis \u00e0 quarante. Au d\u00e9but, ils ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s gentils avec nous. Mais au bout de trois mois, les anciens ont durci l\u2019entra\u00eenement et leur attitude. On arrivait plus t\u00f4t, pour nettoyer, et ensuite on commen\u00e7ait l\u2019entra\u00eenement physique. On en faisait \u00e9norm\u00e9ment. Il y avait alors peu d\u2019entra\u00eenement technique, on se contentait de regarder les anciens. On s\u2019est rapidement retrouv\u00e9 \u00e0 onze. Ce n\u2019est pas forc\u00e9ment les plus dou\u00e9s qui sont rest\u00e9s, certains des partants dans mon souvenir \u00e9taient bien meilleurs que moi. Pas les moins dou\u00e9s non plus ! Disons les moyens\u2026 mais surtout ceux qui avaient de l\u2019endurance mentale. C\u2019\u00e9tait fait expr\u00e8s. Cette qualit\u00e9 de base, c\u2019est ce que cherchaient les anciens. Ces onze l\u00e0, ils ont tout fait pour les garder ensuite. Celui qui \u00e9tait malade, ils allaient le chercher chez lui. Pourquoi je suis rest\u00e9 dans ces onze ? Je ne sais pas. Je ne voulais pas partir au bout de trois mois.<\/p>\n<p>UN MOD\u00c8LE D\u2019\u00c9DUCATION<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019entra\u00eenement commen\u00e7ait \u00e0 onze heures, jusqu\u2019\u00e0 quatorze heures\u2026 et souvent plus. Ils ne nous laissaient partir que pour les disciplines importantes. \u00ab C\u2019est quoi ton cours ? D\u2019accord, tu peux y aller \u00bb. Moi, j\u2019\u00e9tudiais le droit avec l\u2019id\u00e9e d\u2019int\u00e9grer une entreprise, mais je peux dire qu\u2019\u00e0 l\u2019Universit\u00e9, je n\u2019ai pas beaucoup travaill\u00e9. J\u2019ai surtout fait du karat\u00e9. Ils nous frappaient aussi. C\u2019\u00e9tait comme \u00e7a \u00e0 l\u2019\u00e9poque, on fonctionnait dans un esprit militaire. Ils \u00e9taient s\u00e9v\u00e8res et tr\u00e8s vigilants, nous avions peur d\u2019eux mais, au fond, la plupart n\u2019\u00e9taient pas m\u00e9chants. Bien s\u00fbr, il y en a toujours un qui exag\u00e8re. Il y en avait un de vraiment m\u00e9chant ! En combat, il lan\u00e7ait les coups de pied de toutes ses forces. Tout le monde se souvient de lui. Pendant deux ans, cela a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s, tr\u00e8s dur. Ensuite, c\u2019est devenu plus int\u00e9ressant, et puis il y a les nouveaux ! Aujourd\u2019hui, c\u2019est diff\u00e9rent, il y a les femmes, les enfants\u2026 mais je vois que les gens s\u2019interrogent chez nous. La discipline est de retour, les parents veulent que leurs enfants reviennent aux valeurs anciennes. Je connais un professeur de karat\u00e9 qui demande aux parents l\u2019autorisation de pouvoir frapper leurs enfants, sinon il ne les prend pas. Mais, bien s\u00fbr, personne ne souhaite voir son enfant bless\u00e9 physiquement ou moralement\u2026 l\u2019\u00e9quilibre est difficile \u00e0 trouver.<\/p>\n<p>MA\u00ceTRE TANI<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avions commenc\u00e9 par le goju-ryu, que nous avons fait pendant deux ans. Mais on a appris qu\u2019un ancien tr\u00e8s fort enseignait le karat\u00e9 et nous avons fini par le suivre. C\u2019\u00e9tait ma\u00eetre Tani. C\u2019est comme cela que nous sommes pass\u00e9s \u00e0 la pratique du shito-ryu. Dans cette r\u00e9gion, c\u2019\u00e9tait soi l\u2019un, soit l\u2019autre. Mais pour nous, cela n\u2019a pas fait beaucoup de diff\u00e9rence \u00e0 ce moment-l\u00e0. Il a fallu apprendre les pinan que nous ne connaissions pas mais, de toute fa\u00e7on, notre entra\u00eenement \u00e9tait presque enti\u00e8rement consacr\u00e9 au combat. Le souvenir que j\u2019ai de ma\u00eetre Tani\u2026 c\u2019est qu\u2019il \u00e9tait tr\u00e8s rigolo. Il nous faisait rire ! J\u2019ai suppos\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait fort car tout le monde le respectait, mais je n\u2019en avais personnellement aucune id\u00e9e. En plus, il avait une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es et d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s mal aux genoux, parce qu\u2019il avait beaucoup donn\u00e9 de coups de pied dans le vide dans sa jeunesse.<\/p>\n<p>JE NE ME SENTAIS PAS TR\u00c8S FORT\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons relanc\u00e9 l\u2019activit\u00e9 du karat\u00e9 dans l\u2019universit\u00e9 et nous avons eu de bons r\u00e9sultats en comp\u00e9tition. Les combats \u00e9taient durs, nous n\u2019avions pas de protections, pas de prot\u00e8ge-dents, ni de gants. Mon copain Tomiyama \u00e9tait brillant techniquement, beaucoup plus que moi, et c\u2019est lui qui ouvrait les rencontres par \u00e9quipes, parce que le premier doit marquer des points. Moi, j\u2019\u00e9tais le dernier du groupe. C\u2019est celui qui doit pr\u00e9server les acquis, faire la d\u00e9cision quand c\u2019est n\u00e9cessaire. C\u2019est une place difficile \u00e0 tenir\u2026 Quand l\u2019\u00e9quipe d\u2019en face est men\u00e9e, votre adversaire essaye tout et tente de vous frapper. C\u2019est souvent brutal. Je ne me sentais pas tr\u00e8s fort, et je n\u2019\u00e9tais pas tr\u00e8s dou\u00e9 pour marquer les points, mais j\u2019\u00e9tais le capitaine. Pourquoi il m\u2019avait donn\u00e9 ce r\u00f4le ? Je ne sais pas. Peut-\u00eatre parce que j\u2019\u00e9tais dur au mal.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9T\u00c9 \u00c0 PARIS<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma\u00eetre Suzuki \u00e9tait \u00e0 Paris et avait demand\u00e9 \u00e0 Ma\u00eetre Tani de lui envoyer des jeunes, car il ne pouvait plus assurer seul. Avec mon copain Tomiyama, en 1972, nous avons pris un billet aller-retour de huit mois. \u00c0 la fin du s\u00e9jour, on ne voulait plus partir et on a vendu notre billet de retour. Au d\u00e9but, nous donnions des cours deux \u00e0 trois fois par semaine, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Orsay, \u00e0 Dauphine\u2026 On prenait le train pour aller \u00e0 Coulommiers, Esbly. On gagnait juste de quoi vivre. On a v\u00e9cu deux mois chez Me Suzuki avant de prendre un quatre pi\u00e8ces \u00e0 quatre rue de Cl\u00e9ry, vers Bonne-Nouvelle, tout pr\u00e8s de la rue St Denis ! On allait \u00e0 l\u2019Alliance Fran\u00e7aise tous les jours, mais je n\u2019arrivais m\u00eame pas \u00e0 dire \u00ab rue de Cl\u00e9ry \u00bb, il y avait trop de R. On \u00e9tait inscrit \u00e0 la Sorbonne pour la carte et le Restau U, mais on ne comprenait rien. L\u2019\u00e9t\u00e9, ce fut les premiers stages dans le midi, en Corse. On a eu de plus en plus d\u2019interventions \u00e0 faire\u2026 Les choses se sont faites naturellement. Pendant longtemps, je me suis dit \u00ab vivement les vacances, que je vois mes amis \u00bb, et je pensais \u00e0 ceux qui \u00e9taient rest\u00e9s au Japon. Et un jour, j\u2019ai compris que mes vrais amis, ceux avec qui j\u2019avais v\u00e9cu et partag\u00e9 le plus de choses, \u00e9taient ici, en France. Cela fait quarante ans que je suis l\u00e0 et j\u2019y resterai toute ma vie.<\/p>\n<p>LA LIBERT\u00c9 \u00c0 LA FRAN\u00c7AISE<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019aime la France. On m\u2019avait dit que les Fran\u00e7ais n\u2019\u00e9taient pas sympathiques, j\u2019ai compris qu\u2019il fallait juste apprendre \u00e0 conna\u00eetre les gens. Votre culture est plus individualiste que la n\u00f4tre. Au Japon, on pense toujours collectif. Faire ce que l\u2019on veut sans que personne ne vous dise rien, c\u2019est bien agr\u00e9able. Mais l\u2019engagement des jeunes japonais, leur s\u00e9rieux, c\u2019est quelque chose aussi. Quand on est professeur, on aime les \u00e9l\u00e8ves qui travaillent ! Parfois, je me demande ce que certains d\u2019entre eux viennent chercher.<\/p>\n<p>J\u2019ENSEIGNE LE SPORT<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019enseigne le karat\u00e9 comme un sport. Je fais le constat qu\u2019il est difficile de faire sinc\u00e8rement du karat\u00e9 comme un art martial \u00e0 notre \u00e9poque. Je ne fais donc pas travailler les techniques interdites par exemple. Beaucoup de choses n\u2019\u00e9taient pas transmises du karat\u00e9 comme syst\u00e8me de combat r\u00e9el. Aujourd\u2019hui, c\u2019est de plus en plus compliqu\u00e9 de rechercher ce qui est juste. Et je trouve qu\u2019enseigner l\u2019esprit martial, sans le pratiquer r\u00e9ellement, c\u2019est difficile. L\u2019esprit d\u00e9coule de la pratique. Mais chacun fait les choses \u00e0 sa fa\u00e7on, m\u00eame si nous avons eu les m\u00eame ma\u00eetres. Mon ami Tomiyama propose un karat\u00e9 tr\u00e8s \u00ab self-d\u00e9fense \u00bb par exemple. Les gens aiment \u00e7a et c\u2019est int\u00e9ressant quand on perd aussi en vitesse d\u2019ex\u00e9cution\u2026 Mais, moi, j\u2019ai du mal \u00e0 aller dans cette voie parce que je ne trouve pas cela assez r\u00e9aliste. Le bunkai, c\u2019est tr\u00e8s codifi\u00e9. Dans un combat r\u00e9el, on ne sait pas ce que l\u2019adversaire va faire. Je reste donc sur un karat\u00e9 sportif, qui me para\u00eet plus proche de la r\u00e9alit\u00e9 finalement. Et je continue l\u2019entra\u00eenement en combat avec les \u00e9l\u00e8ves. Ma voie personnelle, c\u2019est de chercher un karat\u00e9 qui demande moins d\u2019effort, qui va vers l\u2019\u00e9limination des gestes inutiles. C\u2019est une voie difficile, mais int\u00e9ressante aussi quand on a commenc\u00e9 \u00e0 vieillir. \u00c0 mon \u00e2ge, on ne cherche plus \u00e0 devenir plus fort\u2026 j\u2019arrive avant les cours et je m\u2019\u00e9chauffe longuement. Je veux faire du karat\u00e9 le plus longtemps possible \u2013 d\u2019ailleurs je suis oblig\u00e9 car je n\u2019ai pas cotis\u00e9 \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 sociale au d\u00e9but de ma carri\u00e8re. Quand je ne pourrais plus montrer, j\u2019arr\u00eaterai.<\/p>\n<p>LE GOLF, VAL\u00c9RA ET LA CONVIVIALIT\u00c9<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon passe-temps favori, comme Dominique Val\u00e9ra, c \u2019est le golf. Je n\u2019ai jamais jou\u00e9 avec lui, on n\u2019est pas dans le m\u00eame coin. Au karat\u00e9, on est un peu enferm\u00e9, l\u2019avantage du golf, c\u2019est qu\u2019on est dehors. J\u2019ai vraiment \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s passionn\u00e9 ! J\u2019ai beaucoup de plaisir \u00e0 retrouver les experts fran\u00e7ais et japonais r\u00e9guli\u00e8rement gr\u00e2ce \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration et \u00e0 son pr\u00e9sident Francis Didier. Avant, m\u00eame avec mes compatriotes, on ne se voyait pas beaucoup. Comme le dit Val\u00e9ra : \u00ab c\u2019est la convivialit\u00e9 qui compte \u00bb. On ne cherche pas \u00e0 changer de style \u2013 ceux qui le font, c\u2019est que cela ne va pas bien dans leur dojo \u2013 et on a d\u00e9sormais du mal \u00e0 assimiler des choses nouvelles en profondeur. Mais nous \u00e9changeons, c\u2019est agr\u00e9able et on peut trouver de nouvelles id\u00e9es pour enseigner ou \u00e0 offrir \u00e0 nos \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>JE NE CHERCHE PAS \u00c0 \u00c9DUQUER<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le karat\u00e9 en club n\u2019offre pas de sanction \u00e0 ceux qui ne font pas bien, pas comme en ski par exemple. En ski, si tu fais mal, tu tombes. En karat\u00e9, il faut faire de la comp\u00e9tition pour s\u2019en rendre compte. Avec deux entra\u00eenements par semaine, je ne cherche pas \u00e0 \u00e9duquer les enfants. Si je peux cr\u00e9er un peu de solidarit\u00e9 et une bonne ambiance entre eux, si je peux donner un peu de karat\u00e9, inciter au respect des lieux, des partenaires, c\u2019est un d\u00e9but pour \u00eatre un bon citoyen. Je n\u2019aime pas l\u2019irrespect et j\u2019essaye de le faire comprendre aux \u00e9l\u00e8ves. Pour moi, la valeur principale, c\u2019est l\u2019honn\u00eatet\u00e9. \u00catre quelqu\u2019un de fiable, en qui on peut avoir confiance, c\u2019est le plus important. En th\u00e9orie, le karat\u00e9 devrait nous faire grandir, mais je remarque que ce n\u2019est pas toujours le cas. C\u2019est une question de choix. Apr\u00e8s quoi courrez-vous ?<\/p>\n<p>LE COMBAT, UN MOYEN<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout le monde a peur. Ce qui compte, c\u2019est la fa\u00e7on dont on r\u00e9agit devant une situation de peur. Il y en a qui se sauvent et parfois c\u2019est une bonne chose mais, parfois, il faut faire face. Dans le combat, on peut transmettre des choses autour de \u00e7a. Dans la fa\u00e7on de se comporter. Mais \u00e7a passe par les actes, pas tellement par les paroles. Est-ce que j\u2019ai amen\u00e9 quelque chose ici ? Je ne sais pas. Je ne me pose pas tellement la question. J\u2019ai commenc\u00e9 avec certains et ils sont toujours l\u00e0 quarante ans plus tard\u2026 C\u2019est qu\u2019ils doivent appr\u00e9cier. Et r\u00e9cemment, certains de mes anciens jeunes \u00e9l\u00e8ves sont venus me dire que j\u2019\u00e9tais pour eux comme un deuxi\u00e8me p\u00e8re. Cela m\u2019a fait plaisir. Et est-ce que je suis fier de quelque chose ? Je ne raisonne pas comme cela. J\u2019ai fait des erreurs, mais c\u2019est trop tard pour les regretter. Je ne regarde pas tellement derri\u00e8re moi. Je n\u2019ai jamais couru apr\u00e8s l\u2019argent ni apr\u00e8s la reconnaissance. Je vis ici avec les gens que j\u2019aime et je suis heureux.&#x2666;<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">EN BREF\u00a0Naoki Omi Naoki Omi est n\u00e9 \u00e0 Okayama, au Japon, en 1948. Il d\u00e9bute le karat\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Doshisha, \u00e0 Kyoto, au lieu de la pratique de cette discipline au Japon et deviendra capitaine de son \u00e9quipe. C\u2019est sous l\u2019influence de ma\u00eetre Tani que son groupe aborde la pratique du shito-ryu. \u00c0 la fin de son cycle universitaire, il est sollicit\u00e9 pour venir en Europe seconder ma\u00eetre Suzuki avec son camarade d\u2019entra\u00eenement Tomiyama, lequel finira par suivre Suzuki en Belgique o\u00f9 celui-ci s\u2019installe. Rest\u00e9 en France, Omi y est d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des plus grands experts de shito-ryu en Europe. Membre du groupe Shukokai, puis de l\u2019organisation internationale Kofukan, il se voit d\u00e9cerner le grade de 7e dan hanshi par Me Tani en 1997. Professeur engag\u00e9 et discret, il passe beaucoup de temps sur les tatamis franciliens, enseignant \u00e0 Villejuif, Kremlin-Bic\u00eatre, Verri\u00e8res-le-Buisson, Boissy-Saint- L\u00e9ger et V\u00e9lizy.&#x2666;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Je suis un homme heureux\u00a0\u00bb Comme le chat de la fable Zen, Omi Naoki est lisse. \u00ab Ordinaire \u00bb comme il aime dire de lui. Mais derri\u00e8re cette modestie non feinte d\u2019attitude et de mots, derri\u00e8re cette absence d\u2019asp\u00e9rit\u00e9 et d\u2019image de soi projet\u00e9e vers les autres, il y a une lame au fourreau. 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